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Retour sur la conférence Voyage en Europe laitière

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Les atouts et faiblesses des élevages bretons dans l’Europe laitière actuelle La conférence "Voyage en Europe Laitière" organisée par le SAGE Couesnon en partenariat avec les Chambres d’agriculture, le Pays de Fougères, le SMPBC et Eau du Bassin Rennais, a rassemblé 40 personnes jeudi 6 avril à Montours.

Les atouts et faiblesses des élevages bretons dans l’Europe laitière actuelle

« Des systèmes laitiers bretons autonomes mais coûteux »

La conférence en Europe Laitière organisée par le SAGE Couesnon en partenariat avec les Chambres d’agriculture, le Pays de Fougères, le SMPBC et Eau du Bassin Rennais, a rassemblé 40 personnes jeudi 6 avril à Montours.

« Notre intérêt : produire du lait par les fourrages et non par ha ! »

Valérie Brocard de l’Institut de l’élevage - IDELE, a insisté sur notre principal atout : l’autonomie alimentaire. Nous achetons moitié moins d’aliments que nos voisins européens mais pour produire ce fourrage, nous avons beaucoup de chevaux sur nos exploitations et donc un coût de mécanisation élevé. Si augmenter la production de lait par actif se traduit par des charges mécaniques plus importantes, nous ne serons pas compétitifs : Privilégions notre atout et produisons du lait par les fourrages, c’est-à-dire du lait efficace. Optimisons l’utilisation du pâturage. Ne copions pas nécessairement nos voisins européens en essayant d’augmenter le lait par hectare.

Yvannick Jeusselin, éleveur laitier à la Chapelle-Janson a témoigné dans ce sens : « Après le départ en retraite de mon père, j’ai fait le choix de réduire la production et d’aller vers plus d’autonomie protéique. J’ai arrêté l’atelier taurillon et diminué les cultures de vente au profit de surfaces en herbe. Cela m’a permis de maintenir mon revenu et mon confort de travail. »

« La Bretagne bonne élève sur le bilan azoté »

Pour Sylvain Foray de l’Institut de l’élevage – IDELE, « les efforts bretons ont payé, la qualité de l’eau des eaux souterraines et superficielles s’améliore sur le paramètre nitrate ». Cela s’explique entre-autres par une division par deux du poste d’engrais minéral depuis 1995. Par ailleurs, si plusieurs états-membres de l’Union Européenne ont donné des dérogations sur les limites d’épandage par hectare (plafond à 170 uN d'azote organique en Bretagne), ils font aujourd’hui marche arrière au vu de la dégradation des eaux. Les mesures pourraient s’avérer très contraignantes notamment aux Pays-Bas avec l'obligation d'une forte réduction du nombre de vaches.

Les représentants du SAGE Couesnon ont rappelé les partenariats en cours menés avec l’IDELE, l’INRA, le GERDAL, les syndicats d’eau potable et les chambres d’agriculture, concernant l’évaluation de 3 scénarios d’évolution de l’agriculture sur le Couesnon, du point de vue économique et en termes d’impacts sur la qualité de l’eau et le climat. Ces scénarios ont été produits par des agriculteurs de 3 secteurs du bassin versant qui ont aussi exprimé leur souhait de travailler sur une meilleure valorisation de leurs produits.

La soirée s’est conclue sur une intervention d’un agriculteur : « La polyculture élevage est aujourd’hui beaucoup montrée du doigt. On ne parle pas des services écologiques rendus en ce qui concerne la faible utilisation de produits phytosanitaires et le stockage du carbone. Ce sont pourtant des éléments clefs face aux enjeux santé et climat de notre société ».

Les présentations de la soirée sont disponibles à la rubrique docs/autres.